Thérapie systémique ou cognitivo-comportementale ? | Retour |
Une bonne dose d'enthousiasme contagieux est certainement une qualité pour un psychothérapeute. Du moins... tant qu'il reste lucide et ne s'imagine pas disposer de la seule méthode qui résout tout pour tous !
Pour la personne qui cherche de l'aide, le choix entre une approche systémique et une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ne devrait pas être un acte de foi. Ce choix peut se baser sur des critères objectifs en fonction des spécificités de chaque solution.
Points communs
Systémique et TCC ont en commun de privilégier une solution actuelle et dans un délai relativement bref à une situation de souffrance de nature psychologique. Peu ou pas "normatives", elles partent de la demande de chaque personne et s'adaptent à ses attentes et à ses ressources.
Les deux approches sont basées sur des conceptions théoriques cohérentes du comportement et des relations humaines. Elles font l'objet de recherches et de publications scientifiques.
L'une comme l'autre sont le plus souvent choisies comme méthode d'intervention à l'issue d'un enseignement complémentaire certifiant par des praticiens déjà formés aux sciences humaines ou à la médecine.
Chacune se déroule dans le respect scrupuleux des convictions et de l'intimité de la personne qui consulte.
Quand privilégier une TCC ?
L'objectif d'une thérapie cognitivo-comportementale est le changement à brève échéance de la fréquence et/ou de l'intensité d'un comportement individuel ou d'une émotion personnelle.
Pour les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), pour les phobies, pour certains dysfonctionnements sexuels et pour les états dépressifs, l'efficacité de la TCC est confirmée par un grand nombre d'études cliniques.
Quand privilégier une psychothérapie systémique ?
L'objectif d'une thérapie systémique est le changement à brève échéance d'une situation causant souffrance. Le comportement ou l'émotion qui sont souvent à l'origine de la plainte ne sont pas "corrigés" mais sont considérés comme symptomatiques d'un problème de régulation au sein d'un système.
Les interventions souvent stratégiques (et parfois paradoxales) visent à créer un nouvel équilibre (personnel et relationnel) plus satisfaisant.
Quand une souffrance personnelle - état dépressif, anxiété, insomnie, irritabilité, troubles du comportement (en ce compris le comportement alimentaire) - est liée à une situation de crise plus ou moins aiguë - couple, famille, travail - on observe que des changements de type relationnel ont un effet durable sur le vécu individuel.
Le comportement ou l'émotion s'éteignent quand le système ne les suscite ou ne les maintient plus ou quand une personne n'y a plus (inconsciemment) recours comme régulateur des relations.
Une indication particulière est toute situation où la personne qui rencontre des difficultés (le plus souvent des troubles du comportement) ne les reconnaît pas et ne souhaite pas, elle-même, consulter quiconque. L'approche systémique permet alors à l'entourage d'intervenir favorablement tout en évitant des confrontations épuisantes et peu productives.
Pour qui ?
Trop souvent la personne qui consulte est, surtout dans la littérature scientifique, considérée comme un "objet" quasi invariant se prêtant à des observations objectives qui sont interprétées statistiquement.
La réalité clinique est différente. La réussite d'une psychothérapie est d'abord celle d'une rencontre. Et la qualité de la rencontre dépend de la personnalité, des attentes, des croyances et des besoins ponctuels de chacun.
Une psychothérapie cognitivo-comportementale convient à une personne plutôt cartésienne qui veut d'une manière relativement dirigée être prise en charge par un spécialiste. Les conseils et prescriptions de ce dernier, surtout de nature technique, peuvent être contraignants mais sembleront néanmons rassurants car directement ciblés sur la plainte.
Une psychothérapie systémique convient à une personne un peu moins cartésienne qui recherche avant tout des moyens différents pour aborder une situation qu'elle connaît bien mais qu'elle n'arrive pas à changer. Des tâches parfois paradoxales (ou même, dans certains cas, originales et distrayantes) ne l'effraient pas mais l'aideront à retrouver, tant dans le comportement que dans l'émotion, un sentiment de contrôle responsable.
Liens |
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Psychothérapie : Trois approches évaluées - Rapport établi à la demande de la
Direction Générale de la Santé (DGS) - Expertise Collective - INSERM


